Conseils & informations

Pour celles et ceux qui veulent faire écrire leur biographie
ou offrir ce service à un proche

Le biographe pour particuliers ne cherche pas à rapporter la vie de personnes illustres. Puisque sa conviction est que chaque vie mérite d’être contée. La vie de n’importe quel particulier est forcément l’empreinte de son époque. Elle comporte des événements fondateurs, des émotions singulières, des enseignements. Autant d’éléments que le biographe pour particuliers a plaisir à mettre en forme. De manière à ce que le particulier dont il a écrit la biographie puisse laisser une trace pour ceux qui resteront après lui.

Un bon récit de vie ne se résume pas à l’addition d’événements. Pour qu’un texte « respire » et captive, il doit générer des émotions : surprise, tendresse, trouble, fierté. Ces émotions donnent du relief aux faits et permettent au lecteur, et surtout aux proches, de sentir la personne derrière les titres et les dates. Le biographe transforme la chronologie en narration sensible.

Le biographe en action

Est-ce que l’IA peut remplacer les biographes ?

Comme tous ceux qui exercent un métier dit « intellectuel », je n’échappe pas à la question du moment. « Tu n’as pas peur d’être remplacée par l’IA ? » Alors plutôt que de botter en touche, j’ai décidé de répondre sérieusement à cette question ou mieux, de répondre à toute une série d’interrogations, plus pertinentes il me semble, qui lui sont associées. Peut-on déléguer à l’Intelligence Artificielle la responsabilité d’écrire sa vie ? Un·e biographe apporte-t-il/elle quelque chose en plus ? Si je rédige entièrement ma biographie avec l’aide d’une IA, cela sera-t-il préjudiciable pour mon lecteur ou pour moi ?

« Je n’ai rien d’exceptionnel à raconter, moi. Je ne comprends pas pourquoi mes petites-filles veulent que je fasse écrire ma biographie. » Voilà en substance la réaction de Mme A. lors de mon premier entretien avec elle. Ce commentaire, je m’en suis aperçu ensuite, n’a rien de rare dans la bouche des femmes nées pendant la première moitié du XXe siècle. On pourrait même étendre la fourchette temporelle sans doute. En écoutant leurs récits avec attention, en réagissant moi-même (la première destinataire de leur histoire) avec surprise, effroi ou amusement, j’ai réussi à convaincre certaines d’entre elles. Oui, leur témoignage peut être précieux pour celles, et aussi pour ceux, qui viennent après elles. La preuve dans les exemples qui suivent.

Le Soleil des Scorta, de Laurent Gaudé

Les personnes avec lesquelles j’entame un travail biographique n’entretiennent pas toutes le même rapport à la lecture et à l’écriture. D’une manière générale, si elles souhaitent fixer dans un livre le récit de leur vie, c’est qu’elles croient, a minima, dans la force de transmission de l’écriture. Elles croient dans la permanence du livre et espèrent graver là, durablement, leur expérience. Puisque je fais ce métier, je partage avec elles cette conviction que l’écriture permet une forme d’héritage plus riche que tout autre. Pour autant, ces personnes dont j’ai écrit la biographie n’ont pas fixé les mêmes règles concernant le style d’écriture de leur biographie.

Quand on fait écrire sa vie par une tierce personne, on peut légitimement craindre de s’en sentir dépossédé. On peut aussi avoir peur que l’ensemble ne nous ressemble pas vraiment. En tant que biographe, je vais vous expliquer ici comment je tente d’éviter ces écueils à travers un exemple : le choix de la première ou de la troisième personne pour construire le récit.